L’ENT (Espace Numérique de Travail) est un portail en ligne sécurisé qui permet à l’ensemble des membres de la communauté scolaire (élèves, personnels enseignants, personnels non-enseignant, parents) d’accéder à des services en lien avec des activités d’éducation et d’accompagnement des élèves.

Moodle01La page d’accueil de l’ENT « Moodle » du Lycée Français International de Tokyo.

Un ENT, est composé de plusieurs Briques :

  • Vie scolaire : gestion des absences, des retards ;
  • Cahier de texte numérique ;
  • Aspects administratifs : consultation des emplois du temps, réservation de matériel ou de salles, … ;
  • Outil de communication : correspondance entre les familles, l’administration et les enseignants ;
  • Une plateforme pédagogique (LMS [1]) telle qu’ILIAS ou Moodle (exemples qui seront abordés en atelier) ;
  • Etc.

Au LFIT, le choix s’est porté sur Pronote [2] pour la gestion des premiers items de la liste. Pour ce qui concerne la plateforme d’apprentissage en ligne que nous commenterons dans ce document, la solution retenue est Moodle [3]. Plusieurs raisons justifient ce choix :

  • Il s’agit d’une solution gratuite ;
  • Elle gère à la fois l’insertion de ressources numériques à disposition des élèves, mais propose aussi des activités interactives variées.
  • Il s’agit d’une plateforme multilingue qui inclut en particulier le japonais et permet à chacun de choisir sa langue à sa convenance :

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Le choix de la langue. Ici, Moodle a été configuré pour 3 langues.

  • De nombreux établissements de l’enseignement supérieur l’utilisent ;
  • Elle s’appuie sur une communauté active qui développe de nombreuses applications ;
  • La prise en main par les élèves est relativement facile. En revanche, la maîtrise de cet outil par les enseignants est relativement complexe (en particulier du fait des nombreuses possibilités de paramétrages des différents outils).

Ce document décrit des exemples d’utilisations de l’ENT dans le cadre de l’enseignement des S.E.S. au Lycée Français International de Tokyo.

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Un cours enrichi.

Le partage de ressources variées.

La complexité de l’outil Moodle suppose une appropriation progressive de la part des enseignants et des élèves. La première utilisation possible (et la plus simple) consiste à partager les documents du cours. Le professeur propose dans un cours en ligne [4], des contenus qui peuvent être accessibles à tous, ou bien réservés à un groupe d’élèves. Dans le dernier cas, les élèves concernés se connectent à la plateforme au moyen d’un identifiant et d’un mot de passe pour visualiser les ressources. Les nouveaux documents publiés depuis leur dernière connexion sont notifiés sur leur page d’accueil.

Le professeur peut ainsi proposer une grande variété de ressources et dispose d’un outil d’administration lui permettant de suivre l’activité des élèves : des statistiques indiquent pour chaque cours le nombre de connexions, et le type d’activité effectuée en ligne.

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Ci-dessus, l’affichage des consultation d’une fiche méthode portant sur l‘épreuve composée.

Au cours de l’année scolaire, nous avons utilisé le partage de ressources afin de mettre à disposition des élèves l’ensemble des documents qui ont été mobilisés pour traiter les programmes allant de la seconde à la terminale. Lorsque les élèves se connectaient à Moodle, ils trouvaient un cours divisé en questions. Chacune d’entre elle proposait a minima un dossier au format pdf indiquant les objectifs du cours, le plan du cours, et des documents qui complétaient le manuel. Venaient ensuite les différents diaporamas utilisés, et éventuellement, des applications ou captures d’écran si un TBI avait été utilisé en classe.

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Un exemple d’affichage de contenu de cours présenté dans Moodle.

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Ci-dessus, quelques exemples de ressources que l’administrateur d’un cours peut insérer dans Moodle.

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Ci-contre, les différentes activités qu’il est possible de créer.

De nombreuses ressources sont mobilisables :

  • Des fichiers bureautiques (textes, tableurs, diaporamas) ;
  • Des fichiers audio (ou podcast) ;
  • Des vidéos (en particulier en provenance de l’INA ou de lesite.tv) ;
  • Des liens internet ;
  • Des animation (ou applications) par exemple au format flash ;
  • Ainsi que tous les outils numériques « encapsulables » tels que les frises historiques, les cartes mentales, les cartes Google Map, etc.

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Insertion d’une vidéo dans un cours

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Insertion d’une application flash permettant de travailler sur la représentation graphique du marché.

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Insertion d’une carte mentale présentant un plan de dissertation construit collectivement au cours d’une correction.

Une pédagogie variée.

Grâce aux nouveaux outils que sont le TBI et les vidéo-projecteurs, le cours s’est enrichi de contenus multimédias. Mais une fois le cours terminé, il faut pouvoir proposer les contenus aux élèves qui souhaitent les revoir. L’ENT constitue donc le complément idéal en permettant de stocker et présenter les documents en question, voire, tout l’historique du cours (au moyen de captures d’écrans), ou même des documents complémentaires. Cependant, il conviendra d’être sélectif dans l’offre de fichiers. L’analyse des statistiques de Moodle montre que la multiplication des ressources proposées dans un cours donné coïncide avec la diminution de leur consultation sur l’ENT. En revanche, lorsque le nombre de fichier est raisonnable, le taux de consultation augmente. Si les ressources sont directement liées à une activité de bac (fiche de révision, sujets corrigés), là encore, le nombre de consultations augmente.

Le « décloisonnement »  du cours.

Loin d’être seulement un porte documents, la plateforme permet de rompre avec le temps du cours : les ressources sont disponibles en permanence, y compris pour les élèves qui ont pu être absents. Cet aspect revêt une importance particulière au sein du LFIT du fait des risques naturels (typhons, séismes). En 2013-2014, seulement deux journées de travail ont été perdues (alertes typhons). Mais l’année 2011 a révélé l’importance d’un ENT pour assurer la continuité du service d’enseignement dans un contexte de crise.

Un autre intérêt est de rompre avec les frontières de la classe. L’enseignement des S.E.S. en Asie ne concerne que de faibles effectifs, et il n’y a le plus souvent qu’un seul enseignant par établissement. La possibilité de partager des activités et ressources permet de rompre avec cet isolement et d’enrichir les pratiques de chacun.

Enfin, il est possible d’assurer une pédagogie différenciée : des ressources et activités peuvent être mise à disposition d’élèves ciblés. Ainsi par exemple, des fiches de révision, ou des activités de remédiation pourront être ajustées et proposées à certains élèves. Symétriquement, d’autres élèves pourront se voir attribuer des activités d’approfondissement.

Un outil de communication.

La disponibilité de l’enseignant est probablement l’une des clés de réussite des élèves. Moodle propose plusieurs outils de communication qui améliorent cette disponibilité, mais qui présentent néanmoins un risque en terme de surcroit de temps de travail. Ainsi, il convient de définir au préalable quelques règles simples avec les élèves en indiquant :

  • Dans quelles circonstances puis-je contacter le professeur par courriel ?
  • Comment puis-je utiliser l’outil forum ?
  • Etc.

Moyennant ces quelques précautions, les outils de communication de l’ENT deviennent gérables, et sont d’une grande efficacité qui peut même faire gagner du temps pour le cours.

La messagerie et l’outil de diffusion de nouvelles.

En S.E.S., cet outil a surtout été utilisé pour diffuser des informations importantes (dates de devoirs, rendez-vous particuliers). Il a servi également de recours pour les élèves lorsque le forum d’entraide ne parvenait à aucun résultat satisfaisant. Dans ce cas, les questions et réponses de l’échange de courriers étaient reportées sur les forums de l’ENT.

L’outil sondage.

Cet outil permet de collecter le vote des élèves sur une question posée par l’enseignant. Il offre un gain de temps considérable par rapport à un vote à main levée en classe, tout en préservant le secret du vote.

Plusieurs utilisations de cet outil ont été faites au cours de l’année scolaire :

A la fin de certains cours, des sondages ont été utilisés pour recueillir des informations d’auto-évaluation. Les questions étaient du type : Diriez-vous que vous maîtrisez telle notion (ou telle compétence) de façon satisfaisante ? Sauriez-vous calculer tel indicateur ? Etc. Ce type de sondage ne fait que recueillir un point de vue subjectif, mais permet d’évaluer rapidement l’assimilation de notions ou savoir-faire par les élèves, et l’éventuelle nécessité de recourir à des activités de remédiation. Précisons que pour la majorité des chapitres, l’utilisation d’un exerciseur était préférée à ce type de sondages (cf. Infra).

Sondage recueillant des informations relatives à l’orientation des élèves (Avez-vous un projet professionnel clairement défini ? Quel type d’études envisagez-vous après le baccalauréat ? Etc.)

Sondage mesurant les intentions de participation à un événement particulier.

Forum d’échange

Le forum est un espace de discussion publique (ou au moins ouvert à plusieurs participants). Plusieurs utilisations de cet outil ont été envisagées cette année.

En premier lieu, un forum d’entraide a été instauré pour permettre aux élèves de poser des questions et demander des éclaircissements sur des points délicats du cours. Cependant, il convient de souligner que les lycéens préféraient utiliser leurs propres réseaux de communications (en particulier Facebook) pour échanger des questions et informations, en dehors du regard du professeur. Pour encourager les élèves à utiliser Moodle, un système de bonus a été nécessaire : les élèves qui apportaient une réponse pertinente gagnaient des points à ajouter au devoir suivant.

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Un forum de discussion sur Moodle en classe de première E.S.

L’avantage de cet espace par rapport à n’importe quel forum du web est qu’il se fait sous le contrôle de l’enseignant qui peut intervenir (comme dans l’exemple ci-dessus). Mais cet avantage est aussi un frein, car certains élèves hésitent à révéler leurs difficultés sur des connaissances qu’ils devraient avoir acquises depuis longtemps. Un travail de communication est donc important pour rassurer et inciter à utiliser l’outil.

En second lieu, le forum a été utilisé à l’appui d’activités d’argumentation, sur des sujets-débats. Par exemple, sur la question « Le progrès technique est-il favorable à l’emploi ? », chaque élève devait donner un argument, ou nuancer l’argument d’un camarade. Une fois ce travail effectué, une seconde étape a consisté à organiser les différents arguments dans un plan construit à l’aide d’une carte mentale [5], laquelle a été ensuite ajoutée à l’espace de cours.

Pour ce type d’activité, le forum est intéressant dans le cadre d’un échange entre différents groupes n’appartenant pas forcément à la même classe. Un projet de travail sur l’argumentation entre plusieurs classes de terminales E.S. est en cours d’élaboration sur la zone Asie-Pacifique.

Clavardage

Le clavardage (contraction des termes clavier et bavardage, autrement appelé « chat ») permet de communiquer en direct avec le clavier, d’ordinateur à ordinateur.

Dans Moodle, un « salon de discussion » peut être créé de façon permanente pour permettre aux élèves de s’y connecter en fonction de leurs besoins. Un historique des échanges reste en permanence disponible pour l’enseignant. Cependant, sous cette forme, l’outil a été très peu utilisé par les élèves qui, là encore, préfèrent leurs outils personnels (SMS, réseaux sociaux). En revanche, les espaces de discussion planifiés sur un créneau horaire précis, et assortis d’un objectif précis (remise d’un devoir numérique, mise en place d’un travail collaboratif, échange avec un autre établissement) se révèlent particulièrement utiles. Nous n’avons eu recours à cet outil qu’à deux reprises, en appui de travaux dirigés.

Un enrichissement de l’évaluation

La plateforme Moodle permet d’organiser des évaluations sous au moins trois formes différentes.

Les remises de devoirs

L’outil « Remise de devoir » permet à un élève de poster un fichier numérique (document texte, tableur, diaporama, etc.), ou de saisir directement un texte à destination de l’enseignant. Un délai de remise est fixé par le professeur, et une note peut être directement communiquée à l’élève en fin de processus.

On pourrait obtenir le même résultat avec une simple messagerie en ligne. Mais cet outil présente l’intérêt pour l’enseignant de contrôler les remises de devoirs, la date et l’heure de connexion.

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Ci-dessus, le symbole de la main qui porte un fichier (TD : le marché du travail) indique à l’élève qu’il s’agit d’une remise de devoir.

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Après avoir cliqué sur le lien, l’élève ouvre un espace dans lequel il est invité à déposer un fichier.

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Ci-dessus, une autre modalité de remise : l’élève est appelé à taper (ou coller) un texte.

La « remise de devoir » a souvent été utilisée pour des travaux volontaires dont le résultat n’était pris en compte que s’il améliorait la moyenne. Il a de ce fait été utilisé très régulièrement par une grande majorité d’élèves.

Cette modalité de remise de devoirs présente au moins deux avantages :

  • D’une part, la remise de fichiers numériques permet au professeur de disposer d’un exemplaire de travail à partager auprès de la classe en cas de devoir réussi ;
  • D’autre part, la date de clôture de remise s’impose avec plus de succès qu’un devoir classique qui donne parfois lieu à des « négociations » de la part d’élèves retardataires. Sur l’ENT, aucune remise de devoir tardive n’est tolérée par la plateforme.

Les exerciseurs

Un exerciseur affiche un questionnaire automatique en ligne et recueille les réponses des élèves. Les options de paramétrage permettent de choisir l’ordre des questions (y compris un ordre aléatoire), d’afficher ou pas des réponses ou un « feedback », c’est à dire un commentaire pour un type de réponse précis, de déterminer le moment auquel débute le test, et sa durée, le nombre de tentatives, etc.

Quelle place pour ce type d’évaluation ?

L’exerciseur de l’ENT a été utilisé de plusieurs façons :

  • Sous la forme d’évaluations diagnostiques (en amont de certains cours afin de tester la maîtrise des pré-requis en classe de première et de terminale) ;
  • En autoévaluation : en fin de chapitre, sous la forme d’un exercice-bilan permettant à l’élève de vérifier l’état de ses savoirs ou de certaines compétences (lecture de documents statistiques, calculs, etc.) ;
  • Sous la forme d’évaluations sommatives en fin de chapitre afin de mesurer la maîtrise de connaissances ou savoir-faire.

Ce type d’évaluation ne se substitue aucunement aux devoirs classiques, mais vient en complément. Pour les évaluations se déroulant en dehors du temps scolaire, il présente quelques limites : la note ne reflète pas toujours un travail personnel : les élèves peuvent s’entraider, ou s’appuyer sur leurs cours. Mais même dans ces cas, l’élève est confronté au questionnement et prend connaissance des éléments de cours. Par ailleurs, faut-il se plaindre du caractère solidaire du travail ?

Les tests effectués cette année on abouti à des notes relativement élevées. Cependant, en comptant ces évaluations coefficient 1 (contre 2 ou 3 pour un devoir « classique »), cela n’engendre pas de distorsion significative des moyennes et présente le double avantage d’améliorer l’appropriation de connaissances, et d’accentuer la motivation face à l’évaluation.

Les exemples de types d’exercices

Les exerciseurs offrent une grande variété d’exercices. Deux types de questions sont possibles :

  • Les questions fermées : elles sont de plusieurs types et supposent que l’élève coche ou sélectionne la bonne réponse dans une liste donnée, ou tape un mot (nom d’auteur, de notion) ou encore, un résultat chiffré.

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Dans l’exemple ci-dessus, l’objectif est d’évaluer une lecture correcte d’indices. L’élève est amené à cocher toutes les réponses correctes, ce qui suppose un travail de lecture rigoureux. Au préalable, l‘enseignant a désigné le nombre de points positifs ou négatifs qu’apporte chaque réponse. Il est à noter qu’en l’absence de pénalité pour une mauvaise réponse, l’élève sera rationnellement conduit à cocher toutes les réponses possibles.

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Illustration des questions à choix multiples : dans ce type de question, l’élève est invité à sélectionner une bonne réponse pour une proposition donnée. Cela permet de passer en revue un grand nombre de concepts, et attire l’attention de l’élève sur les nuances entre des notions proches.

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Ci-dessus, l’élève doit indiquer une notion. Il conviendra d’insister sur l’importance de l’orthographe. Le professeur pourra éventuellement prévoir des réponses abrégées, indiquer le nombre de mot précis attendu dans la réponse, neutraliser la casse (majuscules / minuscules) pour éviter la multiplication des erreurs.

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Un exemple question vrai / faux.

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Dans l’exemple ci-dessus, l’élève est invité à effectuer un calcul et à indiquer un résultat. Il convient d’indiquer le niveau de précision attendu afin d’éviter qu’une réponse imprécise soit considérée comme une erreur.

  • Les questions ouvertes : elles supposent que l‘élève tape un texte. Cela implique une correction de l’enseignant. Dans ce cas, la note de l’exercice en ligne ne sera fixée que quand le professeur aura évalué la ou les questions ouvertes.

Moodle20Dans l’exemple ci-dessus, l’élève doit rédiger une réponse. Il conviendra de préciser le temps que l’élève devra accorder à cette tâche. Le barème est toujours indiqué dans la partie de gauche.

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Ci-dessus, l’exemple d’une réponse d’élève (zone grise) et du commentaire du correcteur (zone verte). A l’issue du test, une correction collective est effectuée et une réponse type fournie aux élèves.

L’organisation de l’évaluation.

S’agissant d’un test automatique en dehors du temps scolaire, il est possible de limiter les comportements de contournement des règles de l’évaluation (tels que la transmission des questions aux camarades, la recherche des réponses sur Internet, etc.).

Tout d’abord, le temps de l’évaluation peut être défini avec précision, de façon à réduire les possibilités de consultation de documents. Dès le commencement du test, l’élève est informé du nombre de questions, et du temps dont il dispose pour l’ensemble du travail. Il pourra naviguer de questions en questions et disposera, si son temps n’est pas écoulé, d’un temps de relecture.

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Ci-dessus, on observe qu’un navigateur de test permet à l’élève de visualiser les questions traitées (carrés grisés) et celles qui n’ont pas été traitées (carrés blancs). S’il dispose encore de temps, l’élève pourra revenir sur une ou plusieurs questions.

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 En fin de test, l’élève peut valider sa tentative. S’il ne le fait pas, l’envoi se fait de façon automatique à la fin du temps imparti.

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Le professeur peut paramétrer un affichage des réponses en fin d’exercice, ou le différer. Par exemple, les réponses pourront s’afficher qu’une fois que le dernier élève aura répondu aux questions. Cette seconde solution est préférable afin d’éviter une transmission des réponses entre élèves.

L’exploitation des résultats

L’exerciseur permet de visualiser les questions qui ont soulevé des difficultés, et qui impliquent probablement une activité de remédiation. Dans l’exemple ci-dessous, l’examen du tableau de résultats permet de constater que la question 6 n’a pas été comprise, ou bien qu’elle est mal formulée. En revanche, la question 1 ne pose pas de difficultés pour la classe.

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Le tableau de résultats d’un test en terminale.

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L’ENT offre différentes informations sur la répartition des résultats.

Le bilan de l’exerciseur

Les exercices électroniques présentent quelques limites. Ils ne permettent pas de tester tous les types de compétences, et sont assez longs à réaliser. Pour « rentabiliser » cet investissement, il convient d’apporter une précision technique : la norme SCORM est un standard qui permet d’exporter un exercice vers un autre ENT compatible avec la norme, ou de sauvegarder ses exercices pour une utilisation ultérieure. Les échanges d’exercices entre enseignants offrent alors un gain de temps considérable.

Les ateliers

L’outil « atelier » permet à des élèves de remettre un travail sous la forme d’un texte ou d’un fichier. Ce travail est ensuite remis à un (ou plusieurs autres) élève(s) qui doit (doivent) évaluer le travail. Cet outil très riche permet donc de consolider une compétence en faisant produire, puis en faisant évaluer. Il permet de décrire avec précision les compétences requises, et d‘expliciter les critères d’évaluation.

Un exemple d’atelier : l’apprentissage de la dissertation.

Cet outil a notamment été utilisé aux différentes étapes d’apprentissage de la méthode de la dissertation. Le premier atelier consistait à rédiger une introduction selon des règles précises expliquées en classe, et assorti d’exemples.

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Le tableau de bord d’un atelier achevé (la partie verte indique le statut « Fermé »)

Comme le montre le visuel ci-dessus, l’atelier comporte plusieurs étapes :

  • L’enseignant définit la nature de l’exercice en rédigeant les consignes, en prévoyant les critères d’évaluation, en définissant le barème, et éventuellement en ajoutant un document servant d’exemple.
  • Une fois le travail configuré, l’atelier apparaît dans le cours concerné de l’élève. Ici, l’élève devait rédiger une introduction sur le sujet de dissertation proposé.

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  • Lorsque tous les élèves ont remis leur travail, l’enseignant fait passer l’atelier en phase d’évaluation. Au cours de cette étape, chaque élève est chargé de corriger le travail d’un camarade. La répartition des devoirs parmi les évaluateurs peut se faire de façon aléatoire, ou organisée. Pour chaque critère défini par le professeur, l’élève placé en situation d’évaluateur doit attribuer un nombre de points, et justifier son choix en saisissant une appréciation.

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Ci-dessus, l’évaluation d’une introduction par un élève sur les deux premiers critères : rédaction de l’accroche et définition des termes du sujet.

  • Une fois que tous les élèves ont évalué le travail, l’atelier peut-être automatiquement clôturé, ou bien le professeur peut évaluer l’évaluation. C’est cette dernière option qui a été choisie pour l’exercice présenté : afin de réduire le biais qui consiste à ne pas oser « critiquer » le travail d’un camarade, un bonus a par ailleurs été accordé aux élèves qui ont évalué correctement le travail de leur camarade.

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 Dans le visuel ci-dessus, apparaît l’appréciation générale d’un élève-évaluateur. Dessous, apparaît l’appréciation de l’évaluation par l’enseignant.

Pour achever l’exercice, le professeur peut modifier la note obtenue par un élève, accorder un bonus pour la qualité de l’évaluation. Le meilleur devoir peut enfin être utilisé à titre d’exemple, une fois corrigé des erreurs éventuelles.

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Ci-dessus, figurent en rouge les notes initiales accordées par les élèves-évaluateurs, et en vert, la note finale éventuellement modifiée par l’enseignant. A droite, figure le bonus (sur deux points dans le cas présenté) obtenu par l’élève évaluateur. Une bonus nul signifie que l’élève n’a pas justifié la note qu’il a accordée. Les points sont ensuite accordés en fonction de la justesse de l’appréciation.

Bilan de l’atelier

Lors de la première utilisation, les élèves évaluent de façon extrêmement indulgente. Par la suite, l’évaluation devient très rigoureuse.

Cet outil a été particulièrement efficace pour l’appropriation des critères d’évaluation, en particulier concernant les épreuves du baccalauréat. Le point de vue des élèves-évaluateurs permet parfois de faire évoluer le point de vue de l’enseignant. C’est dont une activité très riche, très formatrice.

Le travail collaboratif sous Moodle

L’outil base de données

La création d’une base de données permet à une communauté de partager des informations présentées sous un format précis et relatives à un domaine particulier.

  • Exemple 1 : recensement de jeux sérieux en seconde.

En enseignement d’exploration, les élèves ont été chargés de tester des jeux sérieux relatifs à l’économie. Pour centraliser les résultats, une base de donnée a été créée. Cela consiste à définir des champs (Nom du jeux, lien du site, description du jeux), puis à laisser les élèves créer des fiches, c’est-à-dire, de compléter un bref formulaire reprenant ces champs pour chaque jeu testé. A la fin de la séance, une liste de fiches de description est disponible pour l’ensemble de la classe.

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Un exemple de fiche

  • Exemple 2 : mutualisation de ressources du bac

En terminale, une base de données a été créée pour recenser les ressources en ligne gratuites mobilisables pour le bac. Les élèves étaient invités, tout au long de l’année, à créer une fiche dès qu’ils rencontraient une ressource officielle (article de presse, étude statistique, vidéo, podcast, …) utile pour le bac, et en lien direct avec le programme de S.E.S. ou d’Histoire-Géographie. L’amorçage de cette activité a été difficile. Un recensement des sites à consulter a donc été réalisé, et l’ajout d’un certain nombre de fiches par trimestre et par élève a été imposé. En fin d’année, une somme de publication importante a été rassemblée. Elle a été très utile aux élèves qui ont passé des entretiens portant sur des sujets d’actualité.

La création de Wiki

Le wiki se présente sous la forme d’un site internet collaboratif, à l‘instar de la célèbre encyclopédie Wikipedia, à la différence près que l’accès au Wiki de l’ENT peut être restreint à un public autorisé.

Deux modalités de Wiki sont possibles :

  • Un texte que tous les élèves de la classe peuvent modifier (Wiki collaboratif) ;
  • Un texte que seul un élève désigné peut modifier (Wiki individuel).

Exemple d’utilisation en terminale : la réalisation de résumés de cours.

Le programme de terminale ES, divisé en 12 questions, a été réparti entre les élèves de terminale. Chaque groupe devait résumer un cours et compléter son travail d’une courte liste de sujets typiques de bac.

Moodle33Présentation du sommaire d’une fiche de révision telle que la voit l’élève. Il peut modifier le texte, afficher l’historique des modifications (pour éventuellement revenir sur l’une d’elles), ajouter un fichier ou faire un commentaire.Moodle34Affichage d’un article en cours de modification

Moodle35Ci-dessus, l’affichage de l’historique des modifications d’un article.

Il est possible de revenir sur chaque modification.

L’intégration d’outils externes

L’espace de cours de Moodle permet d’inclure un très grand nombre de ressources. Deux outils, très faciles à prendre en main, on été privilégiés cette année.

  • Exemple 1 : Les documents partagés de Google-Drive

Google-Drive permet de partager des documents bureautiques (textes, tableurs, présentations, schémas) qui ont parfois été mis en mode collaboratif pour recenser les commentaires et questions des élèves. Tel a été le cas des corrections de bacs blancs : la mutualisation d’un corrigé après un travail en classe permet d’approfondir le travail de réflexion et de répondre à des questions qu’il n’est pas possible de traiter dans leur globalité en classe.

  • Exemple 2 : un espace d’exposition virtuel : Padlet [6]

En enseignement d’exploration, les élèves ont été amenés à réfléchir sur les techniques de la publicité dans un travail dirigé relatif à la question : « La consommation : un acte social ». A l’issue de cette activité, un travail de groupe a consisté à présenter une publicité en utilisant l’espace de publication « Padlet » qui permet de façon très intuitive d’ajouter du texte, des images et des vidéos sur un espace de publication en ligne. Chaque groupe disposait ensuite de 5 minutes pour présenter son travail à l’oral en classe. Une grille d’évaluation ayant été préparée en amont, la classe votait ensuite pour attribuer une note à chaque groupe.

Le bilan de cette activité a été très positif. L’ENT a été un excellent support pour rassembler les travaux de publication et enregistrer les votes des élèves. L’utilisation des nouveaux outils n’a jamais été un obstacle pour les élèves.

Moodle36Ci-dessus, une partie de l’exposé d’un groupe d’élève présentant la publicité Chupa Chups, et incluant des textes, images et vidéos.

Conclusion

L’ENT Moodle a été un puissant outil, agrégeant de nombreuses ressources et activités. Les statistiques révèlent une grande appropriation de la part des élèves qui se connectaient au moins une fois par semaine en dehors de toute activité imposée. Cette appropriation a été d’autant plus élevée que plusieurs professeurs d’une même classe utilisaient la plateforme. En revanche, lorsque plusieurs outils [7] étaient simultanément utilisés, ils entraient partiellement en concurrence, et se traduisait par une moindre appropriation de chacun d’entre eux par rapport à une solution exclusive.

En résumé, les limites de l’utilisation de l’ENT peuvent être ramenées à trois points :

  • Plusieurs outils sont à disposition des enseignants qui hésitent à choisir s’investir dans l’apprentissage d’un ENT particulier. Les outils de GoogleDrive, simples et pérennes, sont les plus utilisés. Mais ils ne permettent pas de créer d’activités complexes (ateliers, exerciseurs).
  • Moodle reste une plateforme puissante et riche, mais relativement complexe. Sa prise en main suppose une formation afin d’en faciliter l’apprentissage.
  • Certaines activités sont chronophages pour l’enseignant (réaliser un atelier, concevoir un exercice en ligne, …). Mais ces activités sont « mutualisables », et sont d’une telle richesse qu’il serait dommage de s’en priver. Un travail collaboratif entre enseignants offre donc un gain de temps potentiel.

[1] Learning Management System : système logiciel web développé pour accompagner toute personne impliquée dans un processus d’apprentissage dans sa gestion de parcours pédagogiques.

[2] http://www.index-education.com/fr/presentation-pronote.php

[3] https://moodle.org/

[4] Dans Moodle, le cours est un dossier qui va contenir des ressources et activités.

[5] Voir le résultat ici : http://www.mindmeister.com/342462256/le-progr-s-technique-est-il-favorable-l-emploi

[6] http://fr.padlet.com/

[7] En classe de première ES, les outils de Google, la solution Edmodo et la plateforme Moodle étaient simultanément exploités par les professeurs.

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